
La caractéristique essentielle de ce trouble est un mode général d’instabilité de l’image de soi-même, des relations interpersonnelles et de l’humeur, apparaissant au début de l’âge adulte. La personne éprouve souvent cette instabilité de sa propre image sous la forme de sentiments chroniques de vide ou d’ennui. Les relations interpersonnelles sont habituellement instables et intenses et peuvent être caractérisées par l’alternance entre des positions extrêmes d’idéalisation excessive et de dévalorisation. Ces sujets ont du mal à supporter la solitude et font des efforts pour éviter les abandons réels ou imaginés. (DSM IV.R 1)
Des chercheurs ont découvert des anomalies génétiques, neurologiques, glandulaires et hormonales ainsi que psychologiques chez les personnes souffrant d’un trouble de personnalité limite. De nombreux symptômes sont dus à un dysfonctionnement du système limbique du cerveau(2). Pour sa part, la théorie bio sociale de Marcha M. Linehan décrit deux facteurs explicatifs d’un trouble de personnalité limite : la prédisposition biologique et l’environnement invalidant.

Symptômes affectifs : Instabilité affective due à une réactivité marquée de l’humeur. Colères intenses et inappropriées ou difficulté à contrôler sa colère. Sentiments chroniques de vide.
Symptômes impulsifs : Répétition de comportements, de gestes ou de menaces suicidaires, ou d’automutilations. Impulsivité dans au moins deux domaines potentiellement dommageables pour le sujet (par exemple : dépenses, sexualité, toxicomanie, conduite automobile dangereuse, crises de boulimie). Modes de relations interpersonnelles instables et intenses caractérisées par l’alternance entre des positions extrêmes d’idéalisation excessive et de dévalorisation.
Symptômes interpersonnels : Efforts effrénés pour éviter les abandons réels ou imaginés. Perturbation de l’identité : instabilité marquée et persistante de l’image ou de la notion de soi.
Symptômes cognitifs : Survenue transitoire dans des situations de stress d’une idéation persécutoire ou de symptômes dissociatifs sévères.
Extrait tiré du collectif d’auteurs «Trouble de personnalité limite et réadaptation – Points de vue de différents acteurs » sous la direction de Robert Labrosse et Claude Leclerc. Éditions Ressources 2007

Les personnes atteintes du trouble de personnalité limite sont, de par leur symptomatologie, de grands utilisateurs de service de santé (mentale et physique). L’hôpital fait partie des outils disponibles pour le traitement de ces patients et servira, pour la très grande majorité des cas à contenir les crises, à préciser le diagnostic et à préparer et à renforcer un retour rapide à la communauté. L’intervention thérapeutique auprès du patient du trouble de personnalité limite est un projet au long cours, parsemé d’embûches et de tempêtes, nécessitant des approches diversifiées et créatives ainsi que de thérapies individuelles et de groupe. Les patients du trouble de personnalité limite souffrent et font souffrir leur entourage 3.
Sources : (1) Diagnostic and statistical manual of mental disorders .
(2) Tiré du livre du Dr Leland Heller (auteur du libre biological unhappiness) sur le trouble borderline état limite (1998)
(3) LaFFAPAMM – «Notre fils a une maladie mentale… On a besoin d’aide.» (2005)
Note : Dans le cadre des rencontres du programme d’éducation, l’APAME du Centre-du-Québec à Drummondville remet aux parents et amis des personnes atteintes du trouble de personnalité limite un guide de 52 pages intitulé : «Se familiariser avec le trouble de personnalité limite»